Les agents d'escale d'Air Tahiti en grève pour la sécurité, la formation et les primes, entraînant annulations et retards de vols à Tahiti.
Les salariés dénoncent la charge de travail et les questions de sécurité
Les agents d'escale au sol d'Air Tahiti, sur les vols intérieurs, s'inquiètent de l'augmentation de leur charge de travail, du manque de reconnaissance et des problèmes de sécurité et de sûreté. Ils affirment que les jeunes salariés affectés au tarmac reçoivent une formation minimale, ce qui, selon eux, met en danger à la fois les employés et les passagers.Annulations de vols et efforts de réacheminement
Air Tahiti indique que 70 vols sur les 197 programmés ont été annulés depuis le début du mouvement social, jeudi dernier. La compagnie affirme avoir assuré l'ensemble des vols charters scolaires prévus, permettant ainsi à 820 élèves concernés de rentrer auprès de leurs familles, mais 7 % des passagers attendent encore une solution de réacheminement.Les grévistes réclament des primes
Les salariés en grève demandent l'attribution de la prime de remorquage et de la prime d'exploitation des aéronefs, qu'ils réclament depuis des années sans résultat, selon eux. Ils font valoir que la direction affirme que ces tâches font partie de leurs « fonctions et étaient incluses dans notre salaire », alors que ces primes existent dans d'autres métiers et ne leur sont pas accordées.Charge de travail et questions de formation
Les salariés disent avoir déjà été surchargés avant la grève, notamment depuis l'arrivée d'un nouvel avion configuré à 100 % en première classe. Ils affirment que leurs salaires n'ont pas augmenté, pas même de 100 francs, et que la direction les a obligés à manipuler les appareils jusqu'à la survenue d'un incident, qui a conduit à la grève actuelle.Sécurité et tension psychologique
Les agents d'escale insistent sur l'importance des contrôles de sécurité avant les vols. Ils disent préférer tout vérifier au moindre doute, quitte à immobiliser l'appareil au sol. Ils évoquent également la tension psychologique liée à leur travail, en soulignant que « chaque jour, vous avez 85 décibels dans les oreilles, même le casque ne suffit pas ».Reconnaissance et critiques des autorités
Un représentant de la Direction générale de l'aviation civile de l'État a salué le travail des agents d'escale en matière de sécurité et de sûreté, notant qu'ils gèrent ces aspects à un haut niveau. Les agents, eux, affirment être « les oubliés » et réclament une reconnaissance et une compensation pour leurs efforts.Formation et problèmes de management
Les salariés expriment leurs inquiétudes en matière de sécurité et de sûreté, car les jeunes recrues ne reçoivent qu'une semaine de formation avant d'être affectées au tarmac. Ils reprochent également à la compagnie de ne pas consulter le personnel sur ses besoins et de confier les décisions à des personnels non techniques. Certains agents relèvent que des collègues forment de jeunes salariés alors qu'ils ne sont pas certifiés, et que la prime de formation a été supprimée, ce qui démotive les superviseurs.