Les grèves à Air Tahiti et Somstat s'intensifient : les syndicats dénoncent des violations du droit du travail et l'exploitation de travailleurs étrangers, une action en justice se profile.
Des grèves qui passent devant les tribunaux
Les grèves en cours chez Air Tahiti et Somstat s'intensifient, alors que les deux syndicats se préparent à porter leurs différends devant la justice. Air Tahiti a reconnu qu'Air New Zealand et Air France font venir du personnel au sol étranger pour remplacer les salariés en grève, une décision critiquée par le syndicat.Accusations d'inaction du gouvernement
La CSIP, une organisation syndicale, accuse le gouvernement d'ignorer la question de l'utilisation de travailleurs étrangers pour remplacer le personnel en grève. Le syndicat affirme que l'État n'applique pas le droit du travail et laisse cette pratique se poursuivre.Violations présumées du droit du travail chez Somstat
Chez Somstat, le syndicat accuse la direction de violer le droit du travail en exigeant que les salariés travaillent sept jours sur sept. Cette pratique va à l'encontre des règles qui limitent le nombre de jours travaillés par semaine, ainsi que du recours à des travailleurs temporaires pour remplacer le personnel gréviste.Des négociations jugées inefficaces
Cyril Le Gayic, de la CSIP, affirme que les négociations entre la direction et les syndicats ne progressent pas. Il qualifie les discussions de « dialogue de sourds », la direction se moquant des grévistes ou tentant de couper le transport aérien vers les îles.Quelques avancées sur des points précis
Titaina Viriamu, secrétaire générale du syndicat Spencat, reconnaît que certains points ont été réduits au cours des négociations, notamment ceux concernant le personnel de nettoyage. Elle relève également que les salariés ont enfin reçu un véhicule de service, mais qu'ils attendent toujours les laissez-passer et l'assurance nécessaires pour pouvoir l'utiliser.La direction veut plus de flexibilité dans les horaires
Titaina Viriamu indique que la direction a demandé plus de « flexibilité », en particulier dans les horaires de travail. Elle rappelle la grève de 2016, au cours de laquelle les salariés s'étaient battus pour obtenir plus de stabilité dans leurs horaires afin de concilier vie professionnelle et vie familiale, et estime que la direction tente aujourd'hui de remettre en cause ces acquis.Inquiétudes concernant les travailleurs étrangers et les violations de la loi
Cyril Le Gayic accuse Air Tahiti d'enfreindre le droit du travail en faisant venir du personnel au sol étranger, en provenance de Nouvelle-Zélande et de France. Il affirme qu'Air New Zealand a été autorisée à travailler sur ses propres avions malgré l'interdiction faite aux travailleurs étrangers, et dispose de preuves photographiques à l'appui de ses dires.La responsabilité de l'État et de l'aéroport
Cyril Le Gayic souligne que l'État est responsable de la plateforme aéroportuaire et doit s'assurer que les travailleurs disposent des autorisations de travail requises. Il critique également l'Aéroport de Tahiti (ADT) pour ne pas vérifier si les travailleurs étrangers disposent des autorisations nécessaires pour accéder au tarmac.Des problèmes similaires chez Somstat
Chez Somstat, Cyril Le Gayic affirme que la situation est similaire, avec un « dialogue de sourds » entre la direction et le syndicat. Il accuse la direction d'éviter de répondre aux revendications du syndicat et d'avoir prétendument fait cause commune avec Air Tahiti pour éviter de traiter les problèmes soulevés.Dépassements du temps de travail et inquiétudes en matière de sécurité
Cyril Le Gayic souligne que les salariés de Somstat travaillent 56 heures par semaine, soit plus que la limite légale de 48 heures. Il s'inquiète des questions de sécurité, demandant qui serait tenu responsable en cas d'accident, et reproche à la direction de ne pas assumer sa responsabilité à l'égard de la sécurité des salariés.