Les sources de données sur la consommation de viande varient

La consommation de viande en France est mesurée selon plusieurs méthodes, chacune ayant ses avantages et ses limites. Il s'agit notamment des calculs fondés sur les bilans, des données de panels de consommateurs et du suivi des ventes au détail. Toutes apportent des indications sur les tendances de consommation, mais avec des contraintes spécifiques.

Calculs de consommation fondés sur les bilans

Agreste calcule la consommation de viande en soustrayant les exportations et en ajoutant les importations à la production totale issue des abattages. Cette méthode donne un chiffre global de consommation, mais elle ne tient pas compte des niveaux de stocks détenus par les opérateurs de la filière. Ces stocks peuvent varier considérablement selon la demande saisonnière et les pratiques du secteur.

Limites du suivi des stocks dans la filière bovine

Dans la filière bovine, il n'existe pas d'indicateurs officiels de stocks, même si les opérateurs congèlent souvent la viande pour une utilisation ultérieure. Caroline Monniot, de l'Institut de l'élevage, note que si des stocks existent, leur niveau reste inconnu. Ce manque de données rend difficile une compréhension complète des tendances de consommation.

Données du panel de consommateurs de Kantar

Le panel Kantar suit la consommation de viande à domicile, les ménages déclarant leurs achats. Cette méthode repose sur le scan par les participants des produits munis de codes-barres, mais elle se heurte à des difficultés pour les produits qui n'en possèdent pas, comme la viande fraîche ou le poisson. Cela peut entraîner des imprécisions ou une sous-déclaration.

Difficultés de collecte des données de Kantar

Cécile Guillot, de FranceAgriMer, souligne que le panel Kantar pourrait ne pas représenter pleinement certaines catégories de population, comme les seniors ou les jeunes hommes. En outre, des régions comme la Corse et les DOM ne sont pas incluses dans le panel. Ces facteurs peuvent introduire des biais dans les données.

Suivi des ventes au détail par Circana

Circana utilise les données des caisses enregistreuses pour suivre les ventes de viande dans les grandes surfaces. Si cette méthode est complète pour les marques nationales et les marques de distributeurs, elle exclut les petits commerces et les magasins spécialisés. Elle ne prend pas non plus en compte les achats chez les bouchers ni les produits à poids variable.

Limites des données de Circana

Les données de Circana fournissent des quantités fiables et des informations sur les ventes régionales, mais n'indiquent pas quels types de ménages effectuent les achats. Cela limite la possibilité de comprendre pleinement les habitudes de consommation, en particulier pour les produits vendus en dehors des grandes enseignes.

Sources de données complémentaires et difficultés

FranceAgriMer publie des bilans annuels fondés sur des données agrégées, mais ceux-ci arrivent souvent avec retard, ce qui complique le suivi des tendances actuelles. Des études comme Where is the beef going? et le rapport de l'Idele reposent sur des estimations fondées sur le chiffre d'affaires de la restauration et sur des données d'inflation, qui ne sont pas toujours précises.