En 1714, les habitants de Berne, un canton de la Suisse actuelle, ont détourné le fleuve Kander vers le lac de Thoune en creusant un tunnel à travers la colline de Strättligen. Cet ouvrage d’ingénierie a provoqué un abaissement brutal du lit du fleuve – environ 27 mètres à son point le plus profond en l’espace de deux ans, selon les archives historiques. D’autres mesures ont révélé des affaissements moins importants, de 21 mètres et 5 mètres, ce qui montre que les changements, bien que spectaculaires, n’ont pas été uniformes sur l’ensemble du lit fluvial. Le tunnel s’est finalement effondré, donnant naissance à la Kanderschlucht, un profond défilé qui occupe aujourd’hui son emplacement.
Avant le projet de 1714, le Kander se jetait dans le lac de Thoune puis dans la ville de Thoune avant de rejoindre l’Aar. Avec le temps, les sédiments transportés par le fleuve ont rétréci le lit de l’Aar, provoquant des inondations fréquentes à Thoune. Samuel Bodmer, un ingénieur local, a proposé de détourner le Kander vers le lac de Thoune pour y déposer ses sédiments. Le projet, approuvé en 1711, prévoyait le creusement d’un fossé puis d’un tunnel à travers la colline de Strättligen, permettant au fleuve de se jeter dans le lac près de Gwatt.
Aujourd’hui, le gouvernement bernois qualifie le projet de 1714 d’« audacieux et visionnaire », soulignant qu’il a profondément modifié le cours du Kander. Cependant, les constructeurs avaient supposé que le tunnel resterait stable, mais le fleuve l’a rapidement érodé, donnant naissance à la Kanderschlucht par un phénomène d’érosion régressive. Ce processus se produit lorsqu’un fleuve chute brusquement vers un niveau inférieur, comme un lac, et commence à creuser son lit à l’endroit de la chute, remontant progressivement vers l’amont. Selon un modèle de l’Université de Berne, le fleuve a érodé près d’un kilomètre de vallée en 12 ans, créant un delta de graviers dans le lac, exactement ce qu’avait envisagé Bodmer. Toutefois, la rapidité de cette érosion a été une surprise.
Les données historiques proviennent d’observations réalisées par Koch en 1826 et citées plus tard par l’Université de Berne. Elles indiquent que le lit du fleuve s’est abaissé jusqu’à 27 mètres en deux ans à certains endroits, avec des affaissements moins marqués ailleurs. Des études plus récentes, dont un poster présenté en 2017 à l’EGU, suggèrent un abaissement de 30 mètres sur quatre ans, ce qui correspond à l’estimation du modèle, soit 29 mètres sur la même période. Aujourd’hui, le Kander s’écoule dans un défilé d’environ 80 mètres de profondeur avant d’atteindre le lac de Thoune, une mesure qui reflète l’état actuel du paysage et non l’érosion initiale rapide.
Malgré le succès du projet dans la gestion des sédiments, il a eu des conséquences imprévues pour Thoune. La ville, que le projet visait à protéger des inondations, a au contraire subi une augmentation du débit et des matériaux en provenance du Kander, tandis que l’embouchure de l’Aar est restée inchangée. Cela a entraîné des inondations répétées et nécessité d’importantes modifications du cours du fleuve et des infrastructures au cours des siècles suivants. Aujourd’hui, le détournement de 1714 influence toujours l’hydrologie du lac de Thoune et de Thoune. La Kanderschlucht, quant à elle, reste un élément naturel dynamique, avec des efforts continus pour entretenir des structures comme le pont de Strättligsteg près de Gwatt, dont la restauration est prévue pour 2026.
La déviation de la rivière bernoise en 1714 a conduit à la formation de la gorge de Kanderschlucht et à des effets hydrologiques à long terme
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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