En 1823, Charles Macintosh, un chimiste originaire de Glasgow, découvrit que le naphte de houille pouvait dissoudre le caoutchouc naturel, ce qui mena à l’invention de l’imperméable moderne. Cette découverte s’appuyait sur des déchets industriels issus des usines à gaz, notamment le goudron de houille, qui, une fois distillé, produisait du naphte — un liquide volatil et huileux. Macintosh, né en 1766, avait quitté son poste de clerc avant l’âge de 20 ans pour étudier la chimie à Édimbourg sous la direction de Joseph Black. Il se consacra ensuite à la production de produits chimiques et acheta des sous-produits des usines à gaz de la ville, dont de l’ammoniac et des goudrons. Le procédé de Macintosh consistait à créer un tissu imperméable en collant deux couches de tissu avec du caoutchouc dissous. Les premiers imperméables présentaient toutefois des problèmes de rigidité en hiver et de collant en été, des défauts qui furent plus tard résolus par la vulcanisation du caoutchouc vers 1839. Thomas Hancock améliora la formule de Macintosh en utilisant du caoutchouc broyé, plus riche et plus homogène, ce qui permit d’obtenir un revêtement imperméable plus efficace. Le brevet de cette méthode, déposé en juin 1823, portait le numéro 4804 et décrivait un procédé applicable à divers matériaux, dont le chanvre, le lin, la laine, le coton, la soie, le cuir et le papier. La spécification fut rédigée avec l’aide du chimiste William Hyde Wollaston. Bien que Macintosh ne fût pas le premier à explorer l’utilisation du caoutchouc pour l’imperméabilisation, son procédé fut le premier à aboutir à la création d’un tissu imperméable pratique. Les premiers imperméables présentaient plusieurs défauts, notamment une rigidité par temps froid et un aspect collant par temps chaud, ainsi que des problèmes au niveau des coutures laissant passer l’eau. Ces problèmes furent résolus grâce au développement du caoutchouc vulcanisé, disponible à partir de 1839, qui améliora considérablement les performances de l’imperméable. L’invention de Macintosh trouva rapidement des applications au-delà du vêtement, comme des sacs en toile imperméable, des matelas et des oreillers pneumatiques pour une expédition en Arctique. Une usine fut ouverte à Manchester grâce au soutien financier de la famille Birley. Thomas Hancock obtint une licence sur le brevet en 1825, ce qui permit une collaboration avec l’entreprise de Manchester. L’utilisation par Hancock de caoutchouc recyclé aboutit à un revêtement imperméable plus homogène et plus efficace. Les deux hommes fusionnèrent leurs entreprises, et cette collaboration donna lieu au développement d’une machine automatique d’application, remplaçant les pinceaux utilisés par Macintosh. En 1834, un incendie détruisit l’usine londonienne de Hancock, et Macintosh, qui avait déjà fermé son site de Glasgow, transféra toute la production à Manchester. L’usine de Manchester fut ensuite reprise par la North British Rubber Company. Macintosh mourut en 1843 près de Glasgow à l’âge de 76 ans. Son nom reste associé aux imperméables, le terme « mackintosh » étant toujours utilisé en anglais britannique pour désigner ce vêtement.