Explosion dans l'usine d'armement KNDS

Le 10 mars 2023, une explosion s'est produite dans l'usine d'armement KNDS de la région Centre-Val de Loire, en France. Elle a causé un mort et un blessé. L'accident impliquait Salah G., un superviseur d'essais de 42 ans, et Paul S., un nouvel employé, lors d'un test d'un obus à flèche 25-137, un modèle de calibre moyen issu de l'arsenal de 1881.

Cause de l'explosion

L'explosion s'est produite lorsque la culasse du dispositif de tir a reculé au lieu d'avancer, provoquant l'accident mortel. Salah G. a été tué et Paul S. a subi une lésion au bras qui l'a rendu invalide de manière permanente. L'incident a été attribué à l'utilisation d'un marteau pour insérer dans la chambre de tir un obus légèrement « surdimensionné ». Cette méthode n'était prescrite dans aucun manuel d'utilisation officiel ni dans aucune fiche technique.

Procès et déclarations des familles

L'affaire a été portée devant le tribunal le 14 octobre 2026, en présence de la direction de KNDS ainsi que des familles des victimes. La fille de Salah G. a déclaré que son père était allé travailler comme d'habitude, mais qu'il n'était jamais rentré. Le test consistait à charger l'obus dans un dispositif de tir, mais la culasse s'est déplacée dans le mauvais sens, provoquant l'explosion.

Réponse de la direction et avis d'experts

La direction de KNDS, représentée par le directeur Philippe, a soutenu que l'accident était dû à une erreur de Salah G., tout en insistant sur les efforts de la société en matière de soutien aux victimes et de commémoration. Toutefois, des pyrotechniciens connaissant l'obus à flèche 25-137 ont affirmé que l'usage d'un marteau était nécessaire en raison de la taille de l'obus et que cette méthode leur avait été enseignée durant leur formation.

Contexte de l'accident

L'accident s'est produit un an après le début de la guerre en Ukraine, qui a entraîné une hausse des commandes publiques adressées à KNDS. Le procès a soulevé la question de savoir si Salah G. s'était écarté du protocole sous la pression des calendriers d'essais. Paul S. a déclaré que Salah G. était très occupé par les essais, mais qu'il ne subissait pas de pression particulière.

Communication et conséquences judiciaires

L'avocat des parties civiles a souligné le fossé entre la direction et les salariés, avançant que la hiérarchie ignorait l'anomalie de surdimensionnement de l'obus, lequel avait pourtant passé les contrôles techniques depuis 1997. Ce défaut de communication entre la direction et les salariés a été décrit comme deux mondes séparés qui ne cohabitaient pas.

Suites de l'accident et action en justice

Après l'accident, plusieurs salariés ont quitté l'usine. Le parquet a requis une amende de 120 000 euros contre KNDS, ainsi que la prise en charge des frais de justice, pour homicide involontaire et mise en danger délibérée. KNDS venait de signer un nouveau contrat d'une valeur de 130 millions d'euros portant sur une série de chars Leopard 2, ce qui faisait de l'amende requise une dépense minime.