De lumière, une pièce de théâtre qui explore l’univers de la corrida, s’attache à une pratique marquée par la controverse, l’héritage des pères et de la terre, la permanence de la tradition, ainsi que l’écart entre les cultures élitistes et populaires. Créée par Jean-Baptiste Tur et David Ayala, l’œuvre mêle leurs récits personnels à une approche documentaire qui donne la parole à des apprentis et de jeunes toreros d’aujourd’hui. Le spectacle, qui fusionne théâtre, musique et cinéma, offre une expérience à la fois étincelante et multiforme, invitant à une réflexion sur des thèmes complexes.
La pièce s’ouvre sur une scène évoquant l’après-festival, avec un trio arrivant dans un studio ou un garage loué pour répéter. L’espace est décrit comme un lieu encombré d’objets, de bibelots, de bouteilles, de trophées, de livres, de paperasse, d’instruments et d’appareils, reflétant le désordre et l’incertitude propres au processus créatif. La scénographie, signée Cécile Marc, symbolise la fragmentation et la complexité de l’entreprise artistique, tout comme l’accumulation de strates et de sources.
Jean-Baptiste Tur aborde le sujet de la corrida, sujet clivant et controversé, non pas à travers un prisme moral ou éthique, mais en tant qu’artiste. Il s’appuie sur ses racines occitanes et collabore avec l’acteur David Ayala, dont l’histoire familiale est étroitement liée à cette pratique. Tur s’inspire de l’œuvre d’Azilys Tanneau, autrice neutre, pour tisser leurs récits ensemble, brouillant les frontières entre fiction et documentaire. Le spectacle intègre des entretiens avec de jeunes apprentis toreros, visant à interroger le rituel et la tradition de la corrida plutôt qu’à la réhabiliter.
La création inclut un film réalisé pour l’occasion, qui donne la parole à des jeunes comme Pablo, Nino, Anna et Charles, exprimant leur lien avec la corrida. Le spectacle cherche à s’ouvrir à l’inconnu, acceptant ce qui ne se justifie ni ne s’explique, remettant en cause les idées reçues et les positions établies. La scénographie, décrite comme une terre ocre contaminant l’espace, symbolise le lien à la terre et les divisions culturelles qui structurent le récit. La pièce explore également les thèmes de l’évasion et du retour au pays natal, ainsi que la honte d’être provincial et les complexités de l’identité culturelle. Le langage y est d’une simplicité dépouillée, sans artifice ni fioritures.
David Ayala est présenté comme une présence scénique ancrée et habitée, sa voix caverneuse évoquant souvenirs et émotions. L’atmosphère musicale, façonnée par Thomas Delpérié (guitare et percussions électroniques) et Pierre Borel (cuivres et batterie), fusionne le free jazz et la guitare rythmique espagnole en un genre hybride puissant. Le spectacle puise dans les souvenirs de jeunesse, l’intensité des férias (fêtes taurines), et la confrontation humaine avec l’animal. La corrida y est présentée comme un art d’auto-mise en danger et de mort de l’autre, une tragédie qui invite à réfléchir sur le risque, le danger et la mort. Jean-Baptiste Tur pousse le public à affronter le mystère de telles pratiques, sans chercher à apporter des réponses, mais en suscitant des questions qui résonnent profondément.
La pièce s’achève sur une scène où un groupe de musiciens met le feu à la scène, prolongeant le geste au-delà de la représentation et laissant sur le sable les traces de pas comme témoignage de cette expérience éphémère mais essentielle. Les crédits de production mentionnent Azilys Tanneau comme autrice du texte, Jean-Baptiste Tur comme concepteur et metteur en scène, et David Ayala comme interprète. Les musiciens Thomas Delpérié et Pierre Borel participent aux éléments sonores, tandis que Laura Domenge, Tomas Cerqueira et d’autres contribuent aux aspects visuels. La scénographie est de Cécile Marc, et la production est assurée par Le Grand Cerf Bleu, avec le soutien de diverses institutions et organisations culturelles.
La pièce a été présentée en juin 2025 au Hangar Théâtre à Montpellier, dans le cadre du Printemps des Comédiens, et est programmée du 1er au 11 octobre 2026 au Théâtre du Rond-Point à Paris.
De lumière Explore les dimensions culturelles et éthiques de la corrida à travers l'art et la performance
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Sceneweb



