En France, **58,7 %** des livreurs à vélo ont déjà subi au moins un accident du travail, selon une enquête intitulée Santé-Course, menée par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’Institut national des études démographiques (Ined), avec le soutien de Médecins du Monde et des associations de livreurs. Publiée en mars 2026, cette étude a porté sur 1 004 livreurs à Paris et Bordeaux. Leur salaire horaire brut moyen s’élève à 5,83 euros. En moyenne, les livreurs travaillent 63 heures par semaine, gagnant 1 480 euros brut par mois, soit 880 euros net après déduction des frais. Près des trois quarts louent un vélo en tiers-lieu, pour un coût moyen de 528 euros par mois. Presque tous les répondants sont nés à l’étranger.
Parmi les livreurs ayant eu un accident à vélo, 78 % ont été blessés, mais 97 % estiment ne pas avoir droit à une indemnisation de la plateforme. Près d’un tiers ne dispose d’aucune couverture santé. Par ailleurs, 45 % souffrent de détresse psychologique modérée à sévère, et 49 % présentent des symptômes de dépression modérée à sévère.
À New York, plus d’un livreur de repas sur deux déclare avoir subi une blessure liée à son travail, selon une enquête publiée le 29 septembre 2026. Le taux de blessures parmi les livreurs new-yorkais atteint 48 pour 100 équivalents temps plein, soit plus de cinq fois la moyenne nationale pour les coursiers. Réalisée par la CUNY School of Public Health en collaboration avec le Worker’s Justice Project, cette étude a interrogé 561 livreurs au printemps 2026. Plus de 80 % estiment que l’application dicte leur vitesse, leur itinéraire ou leur planning. Quarante pour cent souffrent d’une détresse psychologique sévère.
Les livreurs, tant en France qu’à New York, rapportent être soumis à une gestion algorithmique, avec le sentiment d’être constamment surveillés par l’application. En France, 74 % des livreurs déclarent suivre strictement les consignes par crainte d’être déconnectés, et 63 % ignorent comment sont attribuées les livraisons. Les auteurs du rapport français qualifient cette situation de « degré élevé de subordination » envers les plateformes.
Ces constats interviennent alors que la directive européenne 2024/2831 sur le travail via plateforme, qui établit une présomption de salariat et encadre la gestion algorithmique, doit être transposée avant le 2 décembre 2026. Pourtant, le ministre français du Travail, Jean-Pierre Farandou, a reconnu que la France ne respecterait pas ce délai. Médecins du Monde et les Maisons des Livreurs exigent que la Sécurité sociale prenne en charge les accidents.
Les enquêtes soulignent certaines limites, comme l’absence de registre fiable, obligeant à recruter directement les livreurs dans la rue, ce qui peut biaiser la représentativité statistique de l’échantillon. Par ailleurs, elles s’appuient sur des données déclaratives plutôt que sur des dossiers médicaux, et établissent des liens entre les conditions de travail et la santé sans pour autant prouver un rapport de cause à effet.
Le rapport français relève aussi que 64,4 % des livreurs interrogés ne possèdent pas de titre de séjour. Sans régularisation préalable, toute requalification en salarié serait inefficace, neuf livreurs sur dix sans papiers cessant toute activité de livraison à temps plein après une régularisation.
Les livreurs de plateformes confrontés à des taux de blessures élevés et à de mauvaises conditions de travail en France et à New York
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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