Production de maïs française au plus bas depuis 1976

La production française de maïs est tombée à son niveau le plus bas depuis 1976, selon les estimations d'Arvalis, avec une récolte qui a chuté à 7,04 millions de tonnes en raison des vagues de chaleur et d'un manque de pluie pendant plusieurs mois.

L'AGPM demande un soutien urgent de l'État

L'Association des Grands Producteurs de Maïs (AGPM) a demandé une « hausse » importante du soutien public afin d'aider les producteurs à relancer la campagne maïs 2027, en évoquant des pertes de 2,5 milliards d'euros pour les exploitations françaises de maïs.

Un recul de la production aggravé par les changements d'usage des terres

Franck Laborde, président de l'AGPM, a souligné que la baisse de production est accentuée par un recul des surfaces semées, avec 232 000 hectares de terres basculées vers la méthanisation ou le fourrage, ainsi que des rendements historiquement bas, à 45,9 q/ha pour le maïs non irrigué et 96,7 q/ha pour le maïs irrigué.

L'AGPM réclame 450 €/ha d'aides

L'AGPM demande une aide de 450 euros par hectare, qui comprendrait un soutien direct ainsi que des mesures comme des dérogations pour éviter l'implantation de cultures intermédiaires en raison de sols secs, ce qui pourrait permettre d'économiser entre 150 et 230 euros par hectare.

Critiques du plan CASI et de l'aide aux engrais

Le syndicat critique le plan Climat et Agriculture : Soutien et Innovation (CASI), soulignant que seuls 300 à 400 millions d'euros de « nouveaux crédits » ont été alloués. Franck Laborde a indiqué que certains agriculteurs de son département ne demandent pas l'aide du plan CASI, la jugeant insuffisante.

Un calendrier de l'aide aux engrais critiqué

La fenêtre d'aide aux engrais, prolongée jusqu'au 31 décembre 2026, ne correspond pas aux périodes d'achat des producteurs de maïs, qui demandent un accès rétroactif à l'aide à partir du 1er mars 2026. La semaine dernière, seulement 14 millions d'euros sur plus de 140 millions d'euros du plan engrais avaient été demandés auprès de FranceAgriMer.

Un besoin à long terme d'infrastructures de stockage de l'eau

À long terme, l'AGPM insiste sur la nécessité de mieux stocker l'eau, en évoquant le risque que des conditions climatiques similaires à celles de 2026 se reproduisent. Le syndicat salue la loi d'urgence agricole, qui vise à doubler les réserves d'eau d'ici 2035.

Les défis de l'irrigation face au changement climatique

Franck Laborde a expliqué que les systèmes d'irrigation ont été conçus sur la base de besoins moyens de 6 mm par jour, mais que le changement climatique a conduit à des journées où les besoins atteignent 10, 11 ou 12 mm, rendant nécessaire la modernisation des infrastructures. Il a insisté sur la nécessité d'investir dans l'agriculture, estimant que ce secteur doit être considéré comme un domaine qui requiert des investissements plutôt que comme un secteur qui a seulement besoin d'aides.

Appel à une protection contre la concurrence déloyale

Franck Laborde a également souligné l'importance de protéger les agriculteurs français et européens de la concurrence déloyale, en particulier au vu de l'instabilité géopolitique actuelle.