Le mercredi 7 octobre, Éric Laurier, ancien secrétaire général et directeur des ressources humaines de la Ville de Paris, a comparu devant une commission d’enquête sur les violences dans les accueils de loisirs. Il a décrit une administration en progrès constant, malgré les inquiétudes exprimées par des sénateurs concernant des recrutements non encadrés et des chaînes de responsabilité floues. Cette audition, qui s’inscrit dans le cadre plus large des travaux de la commission sur la prévention et la gestion des violences dans ces structures, intervient alors que l’inquiétude du public grandit. Des articles de presse récents ont révélé des incidents graves impliquant des enfants, alimentant les craintes d’un dysfonctionnement systémique. Les autorités publiques peinent à mesurer l’ampleur du problème, et la confiance dans les collectivités locales et le système scolaire est mise à rude épreuve. Pierre-Antoine Lévi, nouveau président centriste de la commission, a souligné la nécessité d’un leadership politique et l’importance de la formation et du recrutement des personnels encadrants. Lors de l’audition, Agnès Evren, rapporteure du groupe Les Républicains, a rappelé une déclaration controversée faite par Éric Laurier en janvier 2022 lors d’un appel vidéo avec des parents. Il avait qualifié les animateurs ayant signalé des maltraitances de « chevaliers blancs », une remarque que Mme Evren a jugée susceptible de décourager les signalements et de donner l’impression aux parents que leurs préoccupations n’étaient pas prises au sérieux. Laurier s’est excusé, qualifiant son propos d’« totalement inapproprié », tout en précisant qu’il n’avait pas été tenu en public. Evren a rétorqué que la réunion avait été officiellement convoquée, ce qui rendait cette déclaration publique. Laurier a détaillé la méthode de la ville pour gérer les différents types de violences. Concernant les violences sexuelles, il a indiqué que les animateurs sont systématiquement suspendus, indépendamment de la solidité des preuves. En revanche, pour les violences éducatives ou physiques, la réponse est moins claire, les décisions étant prises après une analyse collective entre les autorités centrales et les districts scolaires locaux. Interrogé sur le seuil d’intervention, Laurier a admis ne pas pouvoir distinguer des cas comme un animateur hurlant sur un enfant ou le menaçant d’éteindre les lumières. Evren a fait valoir que cette absence de cadre précis entraînait des traitements inégaux, au risque de compromettre la sécurité des enfants. Les pratiques de recrutement ont également été pointées du doigt. Evren a évoqué un rapport de l’Inspection générale mettant en lumière des dérives, comme des entretiens non contrôlés et l’absence de vérification des casiers judiciaires des candidats. Elle a souligné que certains animateurs avaient été recrutés par des amis, s’interrogeant sur leur aptitude à travailler avec de jeunes enfants. Laurier a reconnu que le processus de recrutement avait été trop décentralisé par le passé, mais a assuré que des mesures avaient été prises pour rendre les vérifications désormais obligatoires. Malgré ces garanties, il a admis que les bénévoles, qui représentent entre 14 000 et 15 000 animateurs, ne sont pas soumis aux mêmes règles de suspension que les salariés. La formation des bénévoles a été élargie, bien qu’Evren ait estimé qu’elle restait insuffisante pour garantir la sécurité des enfants.