Au cours du premier semestre 2026, l’Europe a exporté un peu plus de viande ovine et importé un peu moins qu’à la même période en 2025, malgré une baisse globale de sa production de viande ovine. Cette diminution de la production a entraîné une offre réduite sur le marché européen. Selon Eurostat, le nombre d’ovins abattus en Europe a reculé de 1,3 % durant les six premiers mois de 2026. Le déclin a été particulièrement marqué en Espagne (-5 %), en Irlande (-6 %) et en Grèce (-2 %). En revanche, en France, le nombre d’agneaux abattus a progressé de 3 %, tandis qu’en Italie, il a diminué de 7 %. Cette baisse de la production s’explique par la hausse des coûts de production, la réduction des investissements dans certains pays, le vieillissement de la population agricole et les défis posés par les conditions météorologiques et les maladies animales. Entre janvier et juillet 2026, l’Union européenne a exporté 19 400 tonnes équivalent carcasse (téc) de viande ovine, soit une hausse de 17 % par rapport à la même période en 2025. Près de la moitié de cette viande, environ 9 000 téc, était destinée à l’Algérie, dont les achats de viande ovine européenne ont augmenté de 12 % cette année. L’Algérie n’achetait pas de viande ovine européenne avant 2024. Selon l’Agriculture and Horticulture Development Board (AHDB), cette progression des achats algériens est liée à la croissance démographique, à l’augmentation de la demande pour l’aïd (un plat traditionnel du festival islamique) et à une industrie locale confrontée à une production en déclin et à des coûts en hausse. L’Algérie est le premier marché d’exportation pour la viande ovine européenne depuis deux ans, devançant le Royaume-Uni dans ce domaine. Sur la même période, l’Union européenne a importé 96 500 téc de viande ovine, soit 3 % de moins que lors des sept premiers mois de 2025. La Nouvelle-Zélande reste le principal fournisseur de l’UE, avec 45 800 téc, en hausse de 1 %. Cependant, les importations en provenance du Royaume-Uni ont reculé de 6 %, et celles d’Australie ont chuté de 9 %. Avec des exportations en hausse, des importations en baisse et une production sous pression, la quantité de viande ovine consommable disponible dans l’Union européenne a diminué de 1 % au premier semestre 2026, selon l’AHDB britannique. Cette situation est perçue comme une opportunité pour les exportations britanniques vers le continent. Cette tendance explique aussi la fermeté des prix de la viande ovine en Europe, actuellement 7 à 8 % plus élevés qu’à la même période l’an dernier, selon Eurostat. En France, l’organisation Idele signale que la viande ovine consommable disponible a reculé de 2 % en un an et se situe 17 % en dessous de la moyenne 2015-2019.