Le gouvernement français travaille sur de nouvelles modifications concernant les taxes et les prestations, dans le but d’économiser 2 milliards d’euros sur les dépenses liées aux arrêts maladie. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, présenté le 1er octobre. Le ministre du Travail et de la Solidarité, Jean-Pierre Farandou, s’apprête à discuter de ces changements avec les représentants des salariés et des employeurs, dans l’objectif de réduire d’un milliard d’euros les dépenses de l’assurance maladie pour les indemnités journalières en 2027. Le gouvernement souhaite aligner davantage le traitement fiscal des indemnités journalières sur celui des revenus du travail, en suivant l’idée que les revenus issus des arrêts maladie devraient être imposés de la même manière que les salaires classiques. Actuellement, les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale en cas d’arrêt maladie sont entièrement imposables, comme les salaires, à l’exception des personnes atteintes d’affections de longue durée (ALD), telles que certains cancers ou la sclérose en plaques, qui en sont totalement exonérées. Les salariés victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle voient leurs indemnités imposées à 50 %. Le gouvernement cible la réduction des exonérations pour ces cas spécifiques, et non l’ensemble des indemnités journalières, qui restent déjà soumises à l’impôt. Plusieurs mesures ont déjà été mises en place par des décrets. Depuis le 1er septembre, la durée maximale des arrêts maladie de premier niveau prescrits a été limitée à un mois, conformément à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. À partir du 15 octobre, la durée maximale des arrêts maladie pour certains patients, comme ceux souffrant de dépression légère ou de troubles musculo-squelettiques, sera réduite de trois ans à un an. Ces affections représentent deux tiers des arrêts maladie de longue durée, et le gouvernement s’attend à économiser « plusieurs centaines de millions d’euros » grâce à ces ajustements. Un autre décret proposé vise à abaisser le plafond des indemnités journalières pour les arrêts maladie liés à un accident du travail ou à une maladie professionnelle à 1,8 fois le SMIC, contre plus de trois fois actuellement. Au printemps 2025, le plafond des indemnités journalières pour les arrêts maladie « classiques » avait déjà été réduit à 1,4 fois le SMIC, contre 1,8 fois auparavant. Les dépenses de la Sécurité sociale liées aux arrêts maladie ont fortement augmenté ces dernières années. En 2025, le coût total s’est élevé à 17,9 milliards d’euros, dont 12,1 milliards pour les arrêts maladie classiques et 5,8 milliards pour les accidents du travail et les maladies professionnelles. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé l’objectif du gouvernement de réduire de près de moitié le déficit de la Sécurité sociale d’ici 2027, le ramenant à 12,7 milliards d’euros contre 22,6 milliards cette année. Des efforts significatifs dans le secteur de la santé devraient permettre de ramener le déficit à 7,8 milliards d’euros en 2026, contre 12,5 milliards en 2025.