Une nouvelle loi pour lutter contre les violences fondées sur le genre

Le 13 octobre, l'Assemblée nationale a adopté une loi « globale » visant à lutter contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants. Le texte prévoit à la fois des mesures de prévention et un accompagnement des victimes, même si des inquiétudes subsistent quant à la manière dont il sera mis en œuvre.

Une loi née d'un drame

Ce texte a été présenté à la suite de la couverture médiatique du viol et du meurtre d'une adolescente dans le Gers. La loi vise à apporter une réponse large aux violences sexuelles et sexistes, notamment à travers des programmes obligatoires de sensibilisation et de prévention dans les écoles et sur les lieux de travail.

Un accent mis sur les mesures répressives

Les deux tiers de la loi concernent des mesures répressives, comme la création de nouvelles infractions, l'alourdissement des peines et la modification des procédures pénales. Des critiques estiment que cette approche n'a pas permis de réduire efficacement les violences, car aucune étude ne démontre de lien direct entre des peines plus sévères et une baisse de la criminalité.

Des structures judiciaires existantes laissées de côté

La loi propose la création d'un juge spécialisé dans les violences sexuelles et familiales, alors que des juges traitent déjà ce type d'affaires. Le juge aux affaires familiales, par exemple, peut prononcer des ordonnances de protection en urgence et a reçu une formation sur ces questions. Des critiques suggèrent de renforcer ces fonctions existantes plutôt que d'en créer de nouvelles.

Un dispositif de protection de l'enfance sous tension

Le juge des enfants traite depuis longtemps les affaires concernant des mineurs en danger, y compris les situations de violences. Toutefois, ce dispositif manque de moyens, ce qui limite sa capacité à agir efficacement. Des financements et un soutien supplémentaires sont nécessaires pour améliorer son fonctionnement.

Absence de garanties financières

La loi fixe un objectif de 3 milliards d'euros par an pour lutter contre les violences, mais aucun plan budgétaire n'a été confirmé. Sans financement adéquat, les dispositions de la loi risquent de rester lettre morte, et d'alourdir la charge de travail de personnels déjà surchargés.

Des critiques sur l'efficacité de la loi

La loi est critiquée pour son recours à des mesures répressives sans traiter les problèmes structurels, comme le manque de moyens. Elle ne crée pas de nouveau système de justice protectrice, alors que le besoin est urgent, et risque de devenir une politique de plus dont la mise en œuvre reste incertaine.