L'Irlande, qui assure actuellement la présidence tournante de l'Union européenne, espère finaliser les négociations lors d'une réunion à Luxembourg ce vendredi. La réforme proposée vise à renforcer l'autorité de l'Autorité européenne des marchés financiers (Esma), basée à Paris, qui joue actuellement un rôle de coordination dans la régulation financière. Ce changement réduirait les pouvoirs des régulateurs nationaux comme l'Autorité fédérale de surveillance financière (BaFin) en Allemagne et l'Autorité des marchés financiers (AMF) en France. Si les grandes économies européennes comme la France et l'Allemagne soutiennent cette réforme, des pays comme l'Irlande et le Luxembourg ont exprimé des inquiétudes, craignant de perdre de leur influence en raison de l'importance de leurs secteurs financiers. Début septembre, le Premier ministre luxembourgeois, Luc Frieden, s'est opposé à une centralisation de la surveillance, estimant qu'elle pourrait prendre des années à mettre en œuvre et ne pas attirer efficacement les investissements privés.
La Commission européenne a présenté cette réforme fin 2025, affirmant qu'une supervision centralisée des marchés est essentielle pour concrétiser l'« Union de l'épargne et de l'investissement ». Cette initiative vise à mobiliser des milliers de milliards d'euros d'épargne actuellement détenus sur des comptes bancaires pour stimuler l'économie européenne. Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l'AMF, a qualifié ce plan de « projet de notre génération », le comparant en importance à la création de l'euro. Une fois un compromis trouvé entre les États membres, les 27 pays de l'UE devront négocier un accord final avec le Parlement européen, qui n'a pas encore pris position. L'Union européenne vise à finaliser ce projet d'ici la fin de l'année dans le cadre de sa stratégie « Une Europe, un marché », avec pour objectif de compléter l'intégration du marché unique européen et de renforcer la compétitivité économique.
Vendredi, les ministres devront trancher sur deux questions en suspens : le financement futur de l'Esma et l'étendue exacte de ses responsabilités réglementaires. Celles-ci pourraient inclure les bourses, les chambres de compensation et les dépositaires de titres, et pourraient également s'étendre aux acteurs du secteur des cryptomonnaies. La France a insisté sur le fait que l'Esma doit disposer des ressources nécessaires pour agir de manière décisive, tant dans ses opérations quotidiennes qu'en cas d'urgence. Cela devrait s'accompagner d'une coordination solide entre le comité exécutif de l'Esma et son conseil de surveillance, qui comprend des représentants des régulateurs nationaux, afin d'éviter les conflits. Concernant l'étendue de la surveillance, l'Allemagne cherche à exclure l'opérateur de la Bourse de Francfort, Deutsche Börse, de l'autorité de l'Esma. Berlin argue que, contrairement à Euronext, qui gère les bourses de Paris et de Milan, Deutsche Börse n'a pas une portée transnationale justifiant sa supervision par l'Esma.
Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a souligné à Luxembourg jeudi que l'objectif n'est pas d'accorder des exemptions particulières à une bourse en particulier, mais d'établir des règles claires et de trouver un compromis favorisant l'intégration européenne. Les discussions reflètent l'équilibre complexe des intérêts entre les États membres de l'UE alors qu'ils travaillent à un cadre réglementaire financier unifié.
L'Union européenne négocie une supervision centralisée des marchés financiers face à des intérêts nationaux divergents
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Sources d'origine :
- 🇫🇷MoneyVox



