L'UE passera au règlement-livraison des titres en T+1 d'ici 2027, à l'instar du Royaume-Uni et de la Suisse, pour fluidifier les flux transfrontaliers et renforcer la gouvernance financière.
L'UE passe au cycle de règlement T+1
L'Union européenne prévoit de passer d'un cycle de règlement des titres de deux jours (T+2) à un cycle d'un jour (T+1) d'ici le 11 octobre 2027. Ce changement s'aligne sur le Royaume-Uni et la Suisse afin de garantir des opérations financières transfrontalières plus fluides, et il s'appuie sur la réglementation existante de l'UE visant à améliorer le règlement des titres.La réglementation et la gouvernance soutiennent cette transition
Ce passage est soutenu par des modifications du règlement (UE) n° 909/2014 et implique une collaboration entre l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) et la Banque centrale européenne (BCE). L'objectif est de renforcer la compétitivité du secteur financier de l'UE en modernisant les procédures de règlement.Des effets importants pour les sociétés de gestion d'actifs
Cette transition touche fortement les sociétés de gestion d'actifs. La période de règlement plus courte modifie la manière dont elles gèrent les risques opérationnels, déplace la charge de la preuve et accroît le risque de problèmes de liquidité. Auparavant, un délai de 48 heures permettait d'effectuer des corrections manuelles ; désormais, un traitement plus rapide est requis.Les infrastructures s'adaptent avec de nouveaux outils
Clearstream, un grand prestataire d'infrastructures financières, a mis à jour son outil de suivi T+1, le « T+1 Scorecard », en y intégrant l'intelligence artificielle pour aider à gérer la transition. Toutefois, l'efficacité de ces systèmes dépend de données de haute qualité et d'instructions de règlement normalisées, qui ne sont pas encore entièrement automatisées.Les défis de liquidité pour les gestionnaires d'actifs
Les sociétés de gestion d'actifs font face à des déséquilibres de liquidité à mesure qu'elles s'adaptent au nouveau cycle de règlement. Si les passifs sont toujours réglés en T+2 ou T+3 alors que les actifs le sont en T+1, cela crée des tensions financières immédiates. Cela peut conduire à dépasser les limites légales d'emprunt, en particulier lors des souscriptions de fonds.Le calendrier de règlement affecte l'exactitude des valorisations
Le passage à T+1 exige une diffusion plus rapide des valeurs liquidatives, ce qui réduit le temps disponible pour détecter et corriger les erreurs. Cela pose particulièrement problème pour les actifs libellés en devises étrangères, car les marchés nord-américains ont déjà adopté T+1, alors que le marché des changes fonctionne encore en T+2, ce qui crée un décalage.Risques de sanctions financières et de conformité
En vertu du règlement CSDR, les sanctions financières pour échecs de règlement sont désormais un élément clé dans l'évaluation de la gouvernance des risques. Des échecs fréquents peuvent révéler une supervision défaillante et entraîner le blocage de la liquidité de certains produits financiers, ce qui touche plus durement les petites institutions.La responsabilité opérationnelle devient essentielle
La transition vers T+1 exige une gouvernance opérationnelle plus rigoureuse et une responsabilisation accrue des sociétés de gestion d'actifs. Garantir l'intégrité des règlements constitue désormais une mission centrale, la période post-marché devenant essentielle à la conformité prudentielle. Les sociétés doivent démontrer une surveillance continue et procéder à des audits formels afin d'éviter les sanctions et de préserver la performance des portefeuilles.