Le Burkina Faso alloue des fonds au développement de l'intelligence artificielle

Le Burkina Faso a alloué 30 milliards de francs CFA (environ 51,1 millions de dollars américains) à une feuille de route pour l'intelligence artificielle (IA). Ce plan vise à créer 5 000 emplois spécialisés, à former 500 experts et 140 leaders communautaires, et à développer 23 solutions d'IA expérimentales dans des secteurs clés d'ici 2030.

Les grandes lignes de la feuille de route dévoilées lors d'une conférence

La feuille de route sur l'IA, qui couvre les années 2026 à 2030, a été validée mais n'a pas encore été publiée officiellement. Ses principales orientations ont été présentées le 23 octobre par Yaya Traoré, secrétaire permanent chargé de l'innovation et de la prospective au ministère de la Transition digitale. La présentation a eu lieu lors d'une conférence organisée dans le cadre de « Le Faso Digital », une initiative de médias locaux.

Des outils d'IA pour les langues nationales

La feuille de route prévoit le développement d'outils d'IA capables de comprendre et de traiter les langues nationales du Burkina Faso. L'objectif est de rendre les services numériques plus accessibles aux personnes ayant une maîtrise limitée du français. Toutefois, la réussite dépendra de la disponibilité de données linguistiques adaptées à l'entraînement de ces modèles d'IA.

Un soutien limité aux langues africaines dans l'IA

Une étude de 2026 publiée dans les Proceedings of Machine Learning Research a révélé que les modèles d'IA ne couvrent qu'un petit nombre de langues africaines. Les chercheurs ont identifié un soutien pour 41 langues africaines et 23 jeux de données publics, mais plus de 98 % des quelque 2 000 langues africaines peu dotées en ressources n'étaient pas incluses dans leur analyse.

Les difficultés de la collecte de données linguistiques

Le cas du medumba, une langue parlée au Cameroun, illustre les difficultés de la création de ressources linguistiques pour l'IA. Un travail présenté en 2025 à AfricaNLP a relevé plusieurs problèmes, notamment le manque de données annotées, les variations dans l'écriture et l'absence de traductions normalisées pour les termes techniques. Ces défis sont probablement similaires à ceux auxquels se heurte le développement d'outils d'IA pour les langues burkinabè.

Le Burkina Faso lance la collecte de données linguistiques

Le Burkina Faso a déjà commencé à constituer les ressources linguistiques nécessaires à l'IA. En mars 2026, un atelier à Koudougou a porté sur la formalisation linguistique et la création de corpus dans quatre langues locales : le mooré, le dioula, le fulfuldé et le gulmancema. Ces ressources visent à soutenir les outils de reconnaissance vocale, de traduction automatique et de synthèse vocale.

Recommandations pour les langues africaines dans l'IA

Le Centre pour l'innovation en gouvernance internationale (CIGI) a recommandé, dans un rapport de 2025, d'intégrer les langues africaines dans les politiques numériques nationales. Le rapport suggère également de financer la documentation et la numérisation de ces langues, de préserver les contenus existants et de soutenir la production de contenus en langues locales.

Appel à la participation des communautés au développement de l'IA

Une étude de 2026 publiée dans les Proceedings of Machine Learning Research souligne la nécessité d'associer les communautés à la création de corpus linguistiques. Elle appelle aussi à normaliser les ressources linguistiques et à adapter les modèles à des langues spécifiques. L'étude insiste sur l'importance d'évaluer les performances des systèmes d'IA pour chaque langue afin de garantir leur efficacité.