Des balles en plastique pour réduire l'évaporation

Le réservoir de Los Angeles à Sylmar a été recouvert de 96 millions de balles en plastique en 2015 afin de réduire les pertes d'eau par évaporation pendant la sécheresse en Californie. Les balles, d'un diamètre de 4 pouces, avaient été conçues pour bloquer la lumière du soleil et empêcher la prolifération des algues, ce qui améliorait la qualité de l'eau et réduisait l'évaporation de 85 à 90 %.

Aspect du réservoir et économies d'eau

Le réservoir, qui s'étend sur environ 71 hectares, ressemblait à une « immense nappe noire » à cause des balles en plastique. La Los Angeles Water Company estimait que les balles pouvaient permettre d'économiser environ 300 millions de gallons d'eau par an, soit 1,1 milliard de litres.

Le coût environnemental des balles

Une étude de 2018 publiée dans Nature Sustainability a révélé que la fabrication des balles avait consommé jusqu'à 2,9 millions de mètres cubes d'eau, soit davantage que l'eau économisée pendant leur durée de vie opérationnelle de 1,5 an. L'étude soulignait que l'eau utilisée pour produire les balles provenait de processus en amont faisant intervenir le pétrole, le gaz naturel et l'électricité.

Efficacité à long terme et durabilité

Selon l'étude, il faudrait environ 2,5 ans aux balles pour rembourser leur « dette » en eau si la sécheresse se poursuivait. En dehors des périodes de sécheresse, les balles devraient rester en place plus longtemps pour obtenir des économies d'eau similaires, ce qui rend leur efficacité dépendante du contexte.

Avis d'experts et méthodes alternatives

Le Dr Kaveh Madani, de l'Imperial College London, a insisté sur la nécessité de mettre en balance les avantages des balles et leurs coûts environnementaux. Une étude de 2014 a montré que des restrictions obligatoires d'eau, comme l'interdiction d'arroser les pelouses, étaient plus efficaces que les balles en plastique pour économiser l'eau.

Essais antérieurs et affirmations des fabricants

La Los Angeles Water Company avait testé une approche similaire en 2009, avec 3 millions de balles sur le réservoir d'Ivanhoe. Les fabricants des balles revendiquaient une durée de vie pouvant atteindre 25 ans, ce qui suggérait que la dette initiale en eau pourrait être remboursée avec le temps si les balles restaient en service.