Un projet de loi complet visant à lutter contre les violences sexuelles et sexistes doit être examiné par l’Assemblée nationale, à la suite de l’affaire Lyhanna et de l’attention médiatique suscitée par le scandale des violences périscolaires à Paris. Ces événements ont relancé les débats sur l’ampleur des violences sexuelles commises à l’encontre des enfants et des adolescents. Selon les dernières données disponibles, plus de la moitié des violences sexuelles déclarées par les femmes et deux tiers de celles déclarées par les hommes commencent ou surviennent avant l’âge de 18 ans. L’environnement familial, incluant les membres de la famille et les proches, est identifié comme un cadre clé où ces violences se produisent.
Une enquête nationale sur les violences sexuelles, menée par l’Inserm en 2021 et commanditée par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), a mis en lumière le rôle central du cadre familial dans ces violences. Les recherches sur l’inceste, en particulier, révèlent qu’il s’agit d’un champ structurel de ces violences. Cela remet en cause les perceptions courantes des abus sexuels sur mineurs, qui associent souvent l’agresseur à un inconnu extérieur. Selon l’enquête Contexte de la sexualité en France de 2023, 29,8 % des femmes et 8,7 % des hommes déclarent avoir subi des violences sexuelles au cours de leur vie. Les hommes sont davantage susceptibles de subir de telles violences durant l’enfance et l’adolescence en raison de leur jeune âge et d’un éventuel déséquilibre de pouvoir dans ces relations. En revanche, les femmes sont plus susceptibles de déclarer avoir subi des violences sexuelles avant 18 ans (13,0 % contre 5,5 % pour les hommes).
Les répondants les plus jeunes de l’étude rapportent des taux plus élevés de violences sexuelles, ce qui pourrait refléter une meilleure prise de conscience et une plus grande volonté de parler plutôt qu’une réelle augmentation des cas. Les violences sexuelles contre les enfants et les adolescents touchent tous les milieux sociaux, sans différence significative d’exposition selon le statut socio-économique de la famille. Par exemple, 13,4 % des femmes dont le père était cadre supérieur déclarent avoir subi de telles violences, contre 12,2 % des femmes dont le père était ouvrier (5,8 % et 5,1 % pour les hommes, respectivement).
Les violences sexuelles avant 18 ans recouvrent une grande variété de situations, mais les auteurs sont majoritairement des hommes, avec plus de 90 % des cas impliquant des agresseurs masculins. Les recherches distinguent les violences intrafamiliales, où l’auteur est un membre de la famille, des violences parafamiliales, où l’auteur est une connaissance de la famille. Dans les deux cas, ces violences sont souvent liées à des dynamiques de pouvoir fondées sur l’âge, la génération et le genre. Selon l’enquête de l’Inserm, 4,6 % des femmes et 1,2 % des hommes déclarent avoir subi un inceste avant 18 ans. Les amis de la famille sont également impliqués, avec 2,2 % des femmes et 0,7 % des hommes déclarant avoir subi de telles violences de la part d’une personne liée à leur famille. Au total, 6,8 % des femmes et 1,9 % des hommes déclarent avoir subi des violences sexuelles intrafamiliales ou parafamiliales.
Parmi les personnes ayant subi des violences sexuelles avant 18 ans, 35,7 % des femmes et 21,6 % des hommes indiquent que l’auteur était un membre de leur famille. Par ailleurs, 17,1 % des femmes et 12,5 % des hommes déclarent que l’auteur était un ami de la famille. Ensemble, ces proportions représentent 52,8 % des violences sexuelles subies par les filles et 34,1 % par les garçons, soulignant le rôle prépondérant de la famille et de son entourage proche dans ces violences. Ce type de violences commence souvent très tôt et tend à se prolonger dans le temps. Près de 40 % des cas surviennent avant l’âge de 11 ans, et ceux impliquant des membres de la famille ou des amis ont généralement lieu encore plus tôt. Lorsqu’elles sont commises par un membre de la famille, ces violences ont plus de risques d’être répétées sur plusieurs années, tandis que celles commises par des amis de la famille sont moins susceptibles d’être répétées que dans d’autres contextes, où il s’agit souvent d’incidents isolés.
Plus de la moitié des femmes (51,4 %) et 39 % des hommes ayant subi des violences sexuelles durant l’enfance ou l’adolescence déclarent en avoir parlé. Les répondants les plus jeunes sont davantage susceptibles d’avoir partagé leur expérience, signe d’une plus grande ouverture à travers les générations. Ceux qui n’en ont pas parlé ont peut-être tenté de le faire sans trouver de soutien, comme le souligne l’anthropologue Dorothée Dussy dans son ouvrage sur l’inceste, La Crèche des dominations. Lorsqu’ils se confient, les victimes se tournent le plus souvent vers des proches, comme des parents ou des partenaires. Peu s’adressent à des professionnels de santé ou aux forces de l’ordre, une tendance qui rejoint les conclusions de Dussy selon lesquelles les personnes ayant subi un inceste sont souvent découragées de parler de ces violences en dehors du cadre familial.
La violence sexuelle envers les mineurs : le cercle familial comme cadre principal
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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